Un blog pour se tenir au courant de la vie de la maison diocésaine Saint-Paul, à Moulins.
Dans la série des saints qui ont donné leur nom aux salles de la maison Saint-Paul, il en est un dont il était préférable de taire le nom pendant le Carême, période de jeûne et d'abstinence.
Mais aujourd'hui, à l'heure où les réjouissances pascales viennent de s'achever, je peux enfin lever un morceau du voile sur celui qui fait honneur aux tables du Bourbonnais et qui, non sans humour, a donné son nom à la salle de restauration.

De saint Pourçain , que connaît-on au premier abord? Le nom qu'il a donné à une charmante ville en plein coeur de l'Allier et dont vous pouvez admirer les photos de Didier Boulicot, aimablement envoyé par l'Office de Tourisme de Saint-Pourçain-sur-Sioule (tout comme la notice hagiographique).
Mais aussi un vignoble, parmi les plus anciens de France. Un vin présent à la table des rois et des papes d'Avignon, fins palais assurément!
A la fin du XVIIIe siècle, on compte 8000 hectares de vignoble et une production qui inonde la région parisienne et le centre de la France.
Cependant, comme beaucoup d'autres en France, le vignoble saint-pourçinois est décimé par le phylloxera en 1892.
Aujourd'hui partiellement reconstitué, il fournit un vin très apprécié par les connaisseurs.
Mais tout ceci ne nous explique pas qui était ce fameux saint Pourçain. On connaît sa vie par les écrits de Grégoire de Tours, évêque de Clermont et célèbre historien du VIe siècle (un auteur que nous retrouverons pour évoquer la vie de saint Patrocle, qui lui, a donné son nom à l'auditorium).
Saint Pourçain a vécu à la fin du Ve et dans la première moitié du VIe siècle, du moins comme nous l'enseigne la "Vitae patrum" sous une brève notice « De sancto Portiano abbate ». D'origines modestes, le jeune Pourçain travaillait apparemment comme porcher - d'où son nom Portianus - et était l'esclave d'un maître wisigoth, .
Face aux incessantes injures et mauvais traitements de ce dernier, Pourçain chercha refuge auprès des moines du couvent du nom de Mirandense (qui signifie admirable et a donné son nom à l'une des salles de la commune de Saint-Pourçain). Mais Mongulfus vint réclamer son esclave à l'abbé (attitude assez répandue à cette époque au demeurant).
Ce dernier accepta à condition que Pourçain ait un traitement décent pour éviter la colère de Dieu. Toutefois Mongulfus ne tint pas ses promesses, et arriva ce qui devait arriver : il devint aveugle. Pour avoir lu un très grand nombre de vie de saints et notamment ceux de Grégoire de Tours (et d'ailleurs recensé chaque type de handicap et chaque miracle adjacent dans ses ouvrages), il était très courant à l'époque de perdre la vue, sanction divine par excellence.
Mongulfus comprit son erreur et revint confier son esclave au couvent, en espérant obtenir la mansuétude du Tout Puissant. Pourçain imposa alors ses mains sur les yeux de son ancien maître en faisant le signe de la croix, et Mongulfus recouvrit la vue. Pourçain resta dès lors au couvent dont il fut l'abbé en 481.
On lui attribue d'autres miracles : ainsi quand Thierri, fils aîné de Clovis, entreprit une expédition punitive contre ses sujets auvergnats rebelles (524), Pourçain calma la fureur dévastatrice du roi d'Austrasie : lors de leur rencontre, l'abbé ambassadeur fit le signe de la croix et une cruche se brisa en laissant échapper un serpent.
Si vous voulez découvrir un peu mieux les lieux où vécut saint Pourçain, je vous donne l'adresse de l'Office de Tourisme en Pays Saint-Pourcinois 29, Rue Marcellin Berthelot - 03500 SAINT-POURCAIN SUR SIOULE et le téléphone : 04 70 45 32 73 sans oublier l'indispensable site internet : http://www.tourismesaintpourcinois.com/