Un blog pour se tenir au courant de la vie de la maison diocésaine Saint-Paul, à Moulins.
... à N., après son commentaire, je vous livre ces quelques lignes d'un chant à la Vierge Noire de Moulins, partition y compris, extrait de l'ouvrage de l'abbé Joseph Clément.
A noter tout particulièrement le dernier couplet qui se réalisera treize ans après la parution de cet ouvrage, lorsque Mgr Lobbedey, évêque de Moulins annonça dans une lettre pastorale, reprise par la semaine religieuse du diocèse de Moulins que le couronnement aurait lieu le dimanche 19 juin 1910.

Cantique
en l'honneur de Notre-Dame de Moulins
Paroles de M. l'abbé Fayet, curé d'Hyds et chanoine honoraire
Musique de M. l'abbé Chérion, maître de chapelle de l'église de la Madeleine à Paris; chanoine honoraire de Moulins.
REFRAIN
Elle est noire, mais elle est belle
Tous les siècles le rediront.
Et des feux de l'aube éternelle
Un nimbe rayonne à son front.
I
Nous pouvons suivre, à travers les âges,
Sur notre sol, les cours de ses bienfaits,
Et dans ces murs, d'éloquents témoignages
De sa bonté parleront à jamais.
II
Aux temps passés, dans les vieux sanctuaires
Que lui vouait la foi de nos aïeux,
Elle a régné; de ses mains tutélaires
Elle épancha les dons mystérieux.
III
Notre "bon duc", à ton culte fidèle,
Sous ton abri plaça le Bourbonnais;
Sous les arceaux de sa noble chapelle,
Comme aujourd'hui déjà tu rayonnais.
IV
A tes autels venaient, pleins d'espérance,
Tous les souffrants et les coeurs désolés;
Tu ne savais pas tromper leur confiance,
Et tous, du moins, s'en allaient consoler.
V
Quand l'incendie éclate et que la flamme,
Dans la cité jette au loin la terreur,
Le peuple ému la prie, et Notre-Dame
Du noir foyer apaise la fureur.
VI
Des habitants, fidèles interprètes,
A chaque année, on vit nos échevins
Venir en Corps, dans de pieuses fêtes,
Pour célébrer tes bienfaits sur Moulins.
VII
Dans tous nos coeurs ton culte a sa racine,
Grandit toujours, y conserve ses droits;
Et ta Statue encore ici domine,
Et sous nos yeux brille comme autrefois.
VIII
Etends sur nous ton égide puissante,
Et de l'enfer brise les noirs assauts;
Que loin de nous ta main compatissante
Daigne écarter les dangers et les maux.
IX
Par notre voix le Bourbonnais t'implore,
Des temps mauvais les périls sont pressants,
La vieille foi dont la France s'honore
Ne jette, hélas, que des feux languissants.
X
A nos regards quand l'horizon se voile,
Reine du ciel, vous êtes notre espoir.
Ah! puissions-nous, guidés par votre étoile,
Marcher toujours au chemin du devoir.
XI
Nous espérons voir une fleur nouvelle
Sur votre front bientôt s'épanouir,
Vienne le jour que notre amour appelle,
C'est de nos coeurs le plus ardent désir.
XII
Nous poserons, si l'Eglise l'ordonne,
Un diadème à ton front gracieux;
Que ce fleuron s'ajoute à ta couronne,
Et tes enfants en seront les plus heureux.
