Samedi 9 août 2008
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Allez, un peu de culture pendant cet été, histoire de ne pas perdre la tête à des banalités! Donc, savez-vous ce qu'est un saint
céphalophore?
Et bien, pour briller une fois encore à vos soirées brochettes-merguez-chips, il s'agit d'une statue portant sa tête entre les mains, eu égard à une décapitation souvent injustifiée.
Comme ce fut le cas pour notre sainte du jour qui a, depuis, donné son nom à la salle principale de rencontre dans le bâtiment ancien.
Cette jeune fille était originaire du Rouergue et fille unique d'un comte de Rodez. Son nom signifie qui vient de loin. Or, Procule réticente au mariage imposé par son père décida de prendre ses
jambes à son cou et de fuir Géraud, son fiancé au jour fixé pour son union. Elle se réfugia d'abord dans une grotte du vallon de l'Andelot, puis prit la direction de Gannat.
Un mauvais calcul, puisque son fiancé, fort courroucé décida de la décapiter sous les remparts de cette ville, à proximité de l'ancien couvent des Augustins, aujourd'hui, école Sainte-Procule. Et
c'est là où la légende rentre en ligne de compte, puisqu'on raconte qu'elle aurait porté sa tête entre ses mains jusqu'à l'église, distante de cent pas du lieu de son martyre.
Mais il semblerait qu'elle ne soit pas la seule à se distinguer en la matière dans notre Bourbonnais. Le très wisigoth Saint Principin, fêté le 12 novembre aurait lui aussi, après avoir été
décapité par ses congénères trouvé la force de porte sa tête sur un trajet de mille pas jusqu'à l'église de Chateloy.
Même sort pour sainte Valérie célébrée du côté d'Ebreuil qui pour avoir refusé le proconsul d'Aquitaine fut ététée. Quant à Saint-Léger, on poussa le raffinement un peu plu loi puisque son supplice
dura deux ans. Il commença avec les yeux crevés avant d'être décapité en 679, le 3 octobre. Un sort qui valut à l'évêque d'Autun une grande renommée dans le pays.
Je dois bien avouer apprécier le statuaire religieux, mais ces saints sans tête me laissent un petit frisson sur la peau fort peu agréable. A noter que la statue illustrant cet article est la
représentation de Sainte Procule, dans l'église Sainte-Croix de Gannat. c'est un bois doré et polychrome du XVIIIe siècle.
Quant aux vertus que l'on attribue à cette sainte, il est dit que les montagnards de la Marche et de la Haute-Auvergne qui allaient exercer leur métier en d'autres province s'arrêtaient à la
chapelle Sainte-Procule. Et beaucoup d'entre eux détachaient de légères parcelles de la porte de la chapelle afin de les favoriser dans leur long voyage et leur commerce (extrait du guide de
l'Auvergne Mystérieuse d'Annette Lauras-Pourrat, l'un de mes bouquins fétiches!)
Quant à ma culture du jour, je la tiens de cette exposition très agréable qui se tient à actuellement à Souvigny sur les saints en Bourbonnais. Une mine de renseignements pour ne plus naviguer
idiot dans les différentes églises de la région!
Par Gabriel
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Publié dans : Les habitants
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